L’interopérabilité en mesures d’urgence, ce que ça signifie réellement

Dans le domaine des mesures d’urgence, le terme interopérabilité ne cesse de prendre de l’ampleur. Afin de bien saisir ce concept, voici d’abord une définition propre à la réalité des services d’urgence: « l’interopérabilité d’urgence réfère à l’habileté socio-technique du personnel en service d’urgence d’immédiatement communiquer et partager l’information»[1].

Ce désir d’interopérabilité est né d’événements tragiques qui ont fait réaliser aux gestionnaires de crise l’importance d’implanter des systèmes qui permettent aux intervenants de communiquer facilement et rapidement l’information en situation de crise. À titre d’exemple, suite à l’attentat du 11 septembre 2001, un rapport faisant état des éléments à améliorer dans le futur dénotait l’importance d’améliorer la préparation aux situations d’urgence, notamment en trouvant des procédés qui permettent le partage d’informations et des communications. Ces tristes événements ont d’ailleurs démontré l’importance pour les services d’urgence de travailler collectivement plutôt qu’individuellement.

Bien qu’on ne puisse nier que les technologies constituent un vecteur important de l’interopérabilité, il n’en demeure pas moins qu’il est également important de prendre en considération les perceptions des utilisateurs. C’est ce qu’a fait la chercheure Carrie B. Sanders en interviewant des policiers, pompiers et ambulanciers qui ont à collaborer ensemble lors de situations de crise.

Ses observations, fort intéressantes, sont les suivantes ; D’une part, les divers services d’urgence impliqués lors d’une situation de crise possèdent des mandats, procédures et politiques de travail bien différents les uns des autres. De plus, ils relèvent rarement tous de la même juridiction de travail. Dès lors, on peut aisément concevoir les frictions qui peuvent émerger lorsque ceux-ci sont amenés à travailler ensemble. À cela s’ajoute le fait que chaque corps de métier possède ses propres règles en matière de divulgation d’information, ce qui ne fait que compliquer le partage d’information.

La conclusion de cette auteure est la suivante : «Les contextes organisationnels, tels que les politiques et procédures, ont créé de multiples, et souvent contradictoires définitions du partage d’informations et de l’interopérabilité en mesures d’urgence »1. On constate donc que la définition d’interopérabilité à l’intérieur d’une organisation est fort différente de celui inter-organisations. Bien que tous s’entendent sur le fait que le partage d’information est crucial en situation de crise, on ne semble pas encore être unanime à quand, quoi et à quel niveau ce partage doit se faire.

[1] Sanders, C. (2014). Need to know vs. need to share: information technology and the intersecting work of police, fire and paramedics. Information, Communication & Society, 17-4, p.463-475.

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